Le Malbord Laflibuste Stout à l’avoine 4.5%

mlLa cote OO : C

Trop, c’est trop.

Ça va sonner étrange, mais la liqueur aux raisins de la défunte Idéal Sport, et de la Racinette (root beer) d’A&W.  Très fruitée, on ne sait réellement pas quoi en faire.  En bouche, l’amertume et l’acidité sont toutes deux assez élevées, tandis que l’avoine n’est pas très perceptible.  La finale viendra atténuer et régulariser le tout, on verra donc au cours des gorgées ce que ça donnera pour l’ensemble.  C’est heureusement (ou malheureusement?) la même chose dans les autres gorgées : on croit vraiment à un stout pimpé à l’anis ou la réglisse noire – ou avec de l’orge beaucoup trop grillée, et pas assez soyeuse (malheureusement finalement).  Pas la meilleure de Malbord, un stout plutôt étrange.

Cap Gaspé La Gamache Stout 6%

cpgsLa cote OO : B-

Sans niaiserie?

Très opaque et à la mousse très ferme, au visuel on ne sait que faire de cette stout qui semble, par sa description sur la bouteille, assez simple.  Le nez es ttout autant torréfié que vanillé avec une pointe de cola un peu anormale mais pas désagréable.  Gustativement simple, chocolaté et finalement bien « mokaifié », avec un aftertaste où l’amertume semble autant provenir de la torréfaction que du houblon – d’inspiration côte ouest supposément..  Simple et directe au but, la traduction brassicole de « no nonsense ».

Le Naufrageur William Baie Stout aux huitres 5.2%

nwbshMise à part celui de Chesapeake Bay, le stout aux huîtres se classe passablement plus dans le rayon des curiosités que des bières agréables à goûter.   Il faut laisser la chance au coureur.

La cote OO : C+

Fortement funky.  Pour le meilleur ou pour le pire.

Dès le nez, c’est funky, ça sent le bord de la Baie des Chaleurs avec de l’algue salé et un fond de terreux marin.  À la limite elle pourrait faire peur mais comme on est là pour la découverte…  hyper salée en bouche, les algues suivent mais il s’agit très certainement d’une bière pour ceux qui n’ont pas peur de sortir des sentiers battus.  La finale est heureusement plus stout mais encore là il est impossible de la prendre pour un stout normal avec autant de sel.  Certes peu équilibré, c’est une « bière démonstration » (voici une bière à l’huître) qui n’a certainement pas la mission de faire une bière équilibré.  À prendre pour ce qu’elle est mais de là à répéter l’expérience, pas nécessairement.

Le Naufrageur EL Jefe Double Stout Café 7%

ndsejLa cote OO : B

Pas toujours obligé d’organiser un coup d’état pour créer une révolution.

Sans être automatiquement café, ce stout semble pleinement végétal – on croirait presqu’à un côté piment fort – mais pas si café que cela.  En bouche, elle se veut syrupeuse mais on a toujours le même sentiment de piment fort (je dirais ancho), mais en l’avalant il y a énormément de belle vanille et de grain de café tranquille.  Et malgré ce côté épice (on avait flairer l’astuce, il y a véritablement du piment fort), au fil des gorgées elle se sucre et se caramélise tranqullement.  Au final on a droit à un stout (qui ne parait pas très « double ») au doux café, mais très nuancé.

D’ailleurs, la Brûlerie du Quai est tout autant un must à Carleton-Sur-Mer que sa microbrasserie.  Un véritable artisan torréfacteur, et l’un des meilleurs cafés filtre bu à ce jour.

Le Naufrageur Milk Stout Mélilot 5.5%

nmsLa cote OO : B

L’accueil gaspésien quoi.

Un peu incertain comme nez, ou du moins ça pourrait être le/la mélilot qu’on ne connait pas suffisamment.  Celui-ci est donc bien orgé mais a une olfactive entre terre et mer, un peu champignonnée et un peu alguée aussi.  La bouche est plus régulière, d’abord faite de raisin, puis de café et enfin de café vanillée un tantinet fruité de mures.  La finale est quant à elle hyper facile et confortable (pas surprenant de voir l’avoine en plus du lactose à la recette), pas très longue mais conviviale à souhait.  On en retiendra quoi?  Rien d’extra-terrestre, pour une bière avec un ingrédient pour la première fois gouté ce stout appaisera plutôt qu’il ne challengera.

L’Octant Ursa Major Double Stout 8%

oumUne première en matière de note de dégustation lue sur une bouteille : « pattes d’ours ».  Ce qui explique le nom.

La cote OO : B

Elle laisse une très bonne marque.

Double ou simple, c’est chocolaté à souhait assez boisé et plein de bel orge bien grillé.  Le fût (sans l’avoir lu, on dirait facilement de bourbon) est assez évident, plus qu’en bouche ou c’est le cacao qui semble double.  Loin d’être indigeste, elle est très intense en finale et pour tout la gravité finale qu’elle semble avoir, n’est pas excessivement sucré ce qui fait qu’on en prendrait plusieurs comme ça.  Une autre belle démonstration de la maîtrise de l’Octant, pas très connue.  Pour l’instant.

Le Presbytère Messe Noire Coldbrew-stout Choco-Noisette 4.4%

pmnLa cote OO : B+

Velut Luna statu variabilis – elle change beaucoup quoi.

Est-ce que le cacao lorsque trop fort donne l’impression de jalapeno?  Le nez de cette messe noire donne un peu cette impression tandis que le café amène de l’amertume sans amener trop de café en tant que tel.  La bouche est totalement différente : le cacao est à la limite du sucré et l’orge ressort bien aussi.  Une fois avalée… on peut facilement « ne pas être prêt » : le café doux, très doux, se dévoile enfin, puis on a droit à une stout juste assez sucré puis enfin la noisette.  Avec un nom comme Messe Noire, on pouvait s’attendre à quelque chose de sûrement plus violent et moins subtil que cette offrande du Presbytère.  Si vous affectionnez les stouts en général ou les bières aux cafés, difficile de ne pas revêtir la toge et apprendre de bizarre de champs en latin.

L’Esprit de Clocher Le Grand-Duc Édition Spéciale vieilli 6 mois en barrique de whisky 9.6% 61 IBUs

ecgdvLa cote OO : B+

La part des anges du monde du whisky, cette fois-ci côté brassicole.

Si le récit du séjour en barrique était conté, on pourrait être certain qu’il contiendrait une grande incursion en forêt, d’abord de chêne vanillé se reposant au Kentucky, suivi d’une migration dans de la plaine de sucrerie québécoise (l’arbre, non l’étendue de pays plat).  C’est de la pornographie olfactive quoi mais passablement plus artistique que certaines bières à l’érable par exemple.  On carriole de plus en plus vers la cabane (à sucre) une fois le liquide en bouche, en détectant assez facilement le côté suave des flocons d’avoine à la recette, puis on avale en découvrant la pointe de moka beaucoup plus palpable dans l’édition non vieillie.  Quant aux gorgées subséquentes, elles livrent davantage la vanille et le je-ne-sais-quoi du fût de spiritueux, et énormément de volupté.  Définitivement une autre édition que l’Esprit de Clocher se devrait d’offrir en plus grande quantité, dont on pourrait mettre au défi n’importe quel amateur de bière à l’érable de troquer l’arbre pour la ruche.

Brasserie Générale / 8e Péché Déliquéscence Stout à Tartiner Noisettes Cacao Vanille Lactose Stout Pâtissier 9.5%

bgdLa cote OO : B-

BG n’ont pas le défaut d’être trompeurs; preuve ici par l’appellation stout à tartiner tellement ça goûte ce qui pourrait tenir sur un couteau.

Mousse fugace pour débuter cette stout qui n’aura probablement rien de léger.  Bien que porté sur la noisette et une bonne ration de sucre, ça semble, semble un stout pâtissier un peu sur la retenue, mais dès qu’il touche les lèvres, le crémeux est lourd et le duo cacao/vanille très intense.  On commence à comprendre l’expression Stout à tartiner.  Pas grand-chose de neuf en finale, on conclut donc a un stout lourd mais annoncé, qu’on réserve principalement pour l’amateur du style.  À remarquer que le 9.5% ne se goûte pas vraiment, donc peut-être une bonne approche pour ceux qui redoutent les bières au nord du 6%… mais qui les aime très sucrées aussi.

Waller St. Brewing The Dark Arts Imperial Stout 9.1% 40 IBUs

wsdaLa cote OO : A-

Pléonastique contrôle.

S’il existe un mélange entre les biscuit Ginger Snaps, ceux à la mélasse et le moka, celui-ci aurait probablement le nez de cette stout de l’une des meilleures micros ontariennes (et à mon humble, facilement la meilleure d’Ottawa).  La cannelle et la muscade sont donc évidemment au rendez-vous, malgré qu’en bouche on a droit d’abord à de l’orge rôtie puis un élan de cola à la Oud Bruin mais aussi la fermentation funky de Waller Street.  On conclura sur le biscuit à la mélasse et le piment pastilla qui sort particulièrement sur le bout de la langue sans être vraiment épicé.  L’une des rares bières à « épices de noël » qui réussit bien, principalement grâce à sa retenue, et sa non-retenue au niveau de ses levures.