À la fut Co Hop V Rouge de Mékinac 2016/03/07 vs Rouge de Mékinac 2020/01/16 5.4%

alfmk20172020« A tasting in the making » comme diraient les amoureux de Shakespeare.  D’une batch spéciale à de la grande production même disponible à l’épicerie, à quoi se compare telle alors que l’aîné vient d’être décloîtrée après plus de 3 ans en cellier?

Rarement peut-on voir autant de différence au visuel, pas seulement au niveau de la mousse mais aussi de la couleur, alors que la plus vieille arbore une robe rouge beaucoup plus profonde et moins laiteuse que l’aîné.  Certes plus invitante, la couleur n’est après tout qu’un détail alors on met coupes sous le nez.  Du côté de l’aînée, le couvert de mousse semble masquer l’odeur inébralanble de Rouge des Flandres.  Pour la plus jeune, l’odeur pique davantage et semble un peu moins porté sur la vanille du fût.  On a donc la force tranquille et la pimpante jeunesse donc pour ce qui est du nez, pas de gagnant.

En bouche, c’est un voyage dans le temps au niveau mémorial, alors que la Rouge de Mékinac était l’une des seules du genre avec la Hildegarde de Boquébière.  En finale c’est de la fraise, ultra-mûre, et le tout est arrondi par le fût qui reste bien dosé.  Pour l’édition non vieillie dès l’arrivée le liquide est un peu moins âpre mais peut-être un peu plus acide.  Elle se veut aussi un peu plus élastique en bouche (pas surprenant avec son visuel laiteux) tandis que la fin porte légèrement plus sur la cerise que la fraise, et l’aftertaste est légèrement plus vivant.  Évidemment on va ensuite intervertir les verres un peu et surement les années ont su attenuer l’acidité.

Le gagnant alors?  Très difficile à dire.  Côté note, on donnera A+ au deux.  Côté « trip d’experience », A+ toujours.  Mais ce n’est pas le but que de faire une évaluation de politicien, alors on tranchera pour la plus jeune.  Plus vivante mais aussi, à plaisir égal, celui disponible en frigo d’épicerie est plus facile que la patience pour attendre environ 3 ans et demi en cellier.

Mais le plus grand gagnant dans tout cela, c’est l’évaluateur qui aura 2 Rouge de Mékinac à évaluer.  J’en cherche mon chapeau de cowboy.

Brasseurs du Moulin Jenny Sûre aux fruits Mangue et Ananas 4.7%

bdmjmaPas la première fois qu’on croise Jenny, qui ne nous avait pas fait retourner la tête à son premier passage.  Mieux habillée cette fois?

La cote OO : B-

Pas vraiment plus remarquable, mais c’est toujours mieux en habit d’été.

Bon, d’accord.  Aux fruits en premier avec un beau mélange 50/50 ananas et mangue, puis sûre ensuite avec du blé dur et plutôt vert.  La mangue est plutôt lourde en bouche mais le liquide se veut plus cinglant, mitigant le sucre naturel du fruit.  C’est d’ailleurs principalement la mangue dont la finale jouit, quoique l’ananas œuvre toujours dans le sens de procurer une bière estival pas trop perdue dans les calories.  La définition même de la bière que l’on boit sur le patio ou autour de la piscine, qui rafraîchit mais qui ne pique pas vraiment la curiosité.

Collective Arts Brewing (Hamilton ON) Mango Tangerine Sour 6%

camtsLa cote OO : C-

“Aromatisée” dans le mauvais sens du terme.

Pas loin du floater à en voir la couleur, tandis que l’odeur fait douter du moindre sentiment de bière à l’intérieur de cette sour qui ne paraît aucunement sûre.  Sans être laiteuse, la bouche est forte… trop forte et en retournant sur le contenant, on ne parle pas de bière au fruit mais de « bière » … disons! « forte » à 6% disons! « aromatisée » en effet.  La finale est laiteuse mais c’est beaucoup, beaucoup trop proche d’un punch aux fruits pas très loin du floater.  Comme jus oui, sinon non.

La Chouape Cerise Sour 5%

ccsLa cote OO : C

Qui trop mince n’éteint pas suffisamment.

Cerise, probablement marasquin, bien parfumé mais à la limite de l’artificiel; difficile d’attendre quelque chose de posé.  Qu’en est-il du goût?  Sec oui, pas trop sucré oui mais le goût fait un peu trop sirop et moins le fruit qui pousse dans les champs.  Le houblonnage semble de la partie pour l’aftertaste mais c’est un peu trop tard : on a l’impression d’avoir une sour hyper-sèche mais hyper courte, et surtout contenant du fruit qui ne fait pas très naturel.

Dogfish Head (Milton DE) Sea-Quench Ale Session Sour

dfhsqaLa cote OO : B-

Une margarita avec un peu trop de vodka.

Tel qu’attendu, de la key lime pie avec du poivre noir (la lime noire?).  C’est aussi compact et mi-sucré, tandis qu’en bouche c’est à la limite du amer – disons alors très acide, sur les bords du pamplemousse.  La finale est plus simple, dominée par la lime très verte cette fois-ci, et dans une finale totalement sûre.  Certainement, trop sèche pour une gose, c’est toutefois une belle sour avec une petite pointe de coriandre attendu, mais surtout de la lime, beaucoup de lime.

Thin Man Brewery (Buffalo NY) Minkey Boodle Raspberry Sour Ale 7%

mbrsLa cote OO : C

Pas sans goût, sans émotion.

Framboise surpuissant veut souvent dire bien sans grand fondement ou profondeur; le nez ici fait donc un peu peur et il faudra y gouter pour tenter de ne pas croire à une bière toute aussi puérile que passagère.  Encore en bouche il s’agit d’une boisson fruitée et non d’une bière, et en matière de boisson gazeuse à la framboise difficile de faire davantage.  La finale est similaire quoiqu’un peu plus ronde, et même si mes enfants l’aimeraient probablement en tant qu’adulte, une bière qui passera toute aussi facilement en bouche qu’en mémoire.

L’Emporium Frullato Sûre aux fruits 5%

emp_mars_2020La cote OO : B-

Version bière du punch aux fruits spikés.

Une chance que le côté végétal amène du jus de fruit, car la framboise domine du nez à la bouche, même si le fruit de la passion est perceptible, tout comme le houblon (je dirais centennial et cascade) qui sévit sur le bout de la langue.  Un peu plus houblonnée et plus sèche, elle fait jus de fruit mais en gardant la main sur le côté bière.  Magie non, plutôt un choix judicieux pour apprivoiser les bières pour quelqu’un qui aiment les jus.

Brasserie La Fosse Moins Quart Sour (bue à l’Emporium) 5.5%

emp_mars_2020La cote OO : C+

Une chance qu’il est bon ce jus… cette bière je veux dire.

Avec une liste d’ingrédients plus long que le serveur ne se rappelle, difficile de savoir à quoi s’attendre.  Pas surprenant ainsi de la voir aussi peu transparente, avec un nez qui est le même qu’un sorbet aux fruits des champs.  La texture en bouche est un peu la même chose, ça n’a plus rien à voir avec de la bière en fait, crémeuse à la manière d’un smoothie fraiîchement fait aux framboise.  La finale est un peu plus claire avec un bout d’agrume (je dirais de la clémentine mais je me laisse probablement influencer par la Clément Gingras), mais c’est « too much », très froide comme un smoothie peut-être mais pas comme bière.

La Souche Catharina Bière de blé sûre aux fruits de la passion 6.4%

scathLa cote OO : C+

Trop de passion qui été la passion.

Ma définition de « nez approchable » pour une sour avec fruit : Oui du fruit mais le blé bien vert s’y trouve aussi, spécialement dès qu’on la verse.  Exit la céréale en bouche tandis que le jus de fruit de passion enligne le tout vers une bière rectilignement trop simple.  Plus ronde en finale et spécialement sèche en aftertaste (comme si l’on avait croqué des pépins de kiwi séchés), après un début plus posé, on ne peut conclure qu’à un jus de fruit à la bière et non le reste; elle plaira à certains (ceux qui n’aiment pas la bière normale) mais quant à l’auteur de ces lignes, il juge qu’il se fait mieux.  Mieux contrôlé.

Nightmare Brewing (Brewed by Dorchester Brewing Boston MA) Blood Eagle Scandinavian-Style Sour ale 7.5%

nbeaBrewed with Lingonberries, hawthorn berries, cloudberries, strawberry, plum, pear and tart cherries.  Trop complexe?

La cote OO : B-

Il faut croire que j’aime mieux les levures scandinaves que leurs petits fruits

Pas si mélangeante que ça pour le nez : oui un peu n’importe où olfactivement, mais se résume bien en pointant à quelque part entre la framboise et la cerise sûrette.  Peu d’orge et de houblon pour l’instant donc, juste du gros fruit crasseux qui se poursuit aisément en bouche en délaissant la framboise et en tombant dans la baie des champs un peu inconnu (est-ce le lingonberry, le hawthorn, le cloudberry?) tandis que la finale se joue entre le pruneau et la fraise.  Exclusivement portée sur le fruit (ou presque) on ne peut pas dire que c’est raté, mais on ne criera pas au grand succès non plus.  Un autre cas de less is more habituellement.