Vrooden Saison Brett Allemande vieillie en fût 5%

Pas habitué de voir des barriquées à 5% ou moins.  Mais de l’éclatée Vrooden il faut bien essayer.

Cote OO : B

Merci à Vrooden de jamais ne se reposer sur ses lauriers.

On oublie ça la saison et vive les bretts!  De la vanille brettée à profusion et lointaines sont les levures saison, mais on s’en fout un peu.  Les bretts sont intenses sur le côté de la langue mais c’est une saison franche finalement car le poivre sort enfin.  La finale est sauvage et un peu amère, prouvant vraiment que Vrooden sait nous amener ailleurs.  Fleurie et sauvage sont des mots qui peuvent bien aller ensemble, même avec un fond allemand surtout en ce qui semble toucher les houblons.

Le Naufrageur Saison d’la Chasse Saison Houblonnée 4.75%

nshToujours drôle de voir le pourcentage d’alcool avec une précision au centième.  « 4.75% une chance parce qu’à 4.8% no way »?

La cote OO : B-

On voit très loin d’à partir de la cache.

Allemande, IPA ou saison?  Le nez est un peu incertain : poivré mais houblonné à la « y’a du Citra et du centennial là-dedans ».  En bouche c’est … expansif.  Difficile à décrire mais c’est large et haut, un horizon de saveur difficile à préciser.  En finale, on revient au côté allemand, comme si l’on avait pris des levures allemandes et qu’on les avait mélangé avec du houblon du Pacifique Nord-Ouest.  Vraiment pas saison (où est le poivre), pas IPA donc, on est en territoire un peu incertain mais certainement digeste, c’est une bière assez facile mais large, très large.

Le Naufrageur Saison Érable Saison 5.8%

nseLa cote OO : B-

Ce n’est pas parce que l’érable n’est pas une spécialité de Gaspésie que le Naufrageur ne peut pas faire une saison simple et efficace.

On aura beau voir le dessin de cabane, le nez n’est pas très sucré ni boisé, en fait il est pas mal neutre sinon à peine citronné.  En bouche c’est du sucre dur mais de manière assez subtile et plutôt houblonné; ce n’est ni saison (où est le povire) ni érable (où est le bois) mais c’est assez frais.  Pour la finale on a droit à l’âpreté un peu boisé mais le sucre semble se heurter aux houblons.  Loin d’être la meilleure bière à saveur d’érable on ne peut pas dire qu’elle est indigeste, mais elle utilise le sucre d’érable plutôt qu’elle l’illustre.  On est donc pas loin de la Belgique (le sucre candi se goûte lorsqu’on sait que cette bière en contient) alors suffit de la prendre comme saison truquée et elle s’apprécie facilement.

Robin Bière Naturelle Saison Avoine & Miel 7.7%

rsamUn concept qui vient chercher le curieux : la fraîcheur de la saison en version céréale avoine et miel.

La cote OO : B-

N’hésitez pas pour rassasier votre curiosité.

Mais quel nez, ô mais quel nez!  Les bretts un peu hors norme, mais la rondeur du miel fleuri et du lointain jus de citron qui dépeint tout un portrait olfactif.  Un pas de recul à l’arrivée en bouche : c’est hyper frais mais aussi hyper clean, alors que je m’attendais à trouver la douce texture de l’avoine.  On aimera donc vraiment plus la finale toujours fraîche et plus funky que le nez, qui amène de la pomme bien verte.  On pourrait facilement se demander à quoi on aurait à faire si le miel et les lactobaciles n’étaient pas de la partie car c’est une saison sèche mais autrement totalement dénaturée, avec du houblon qui sort au fil des gorgées.  À l’image de certaines autres offrandes de Robin, une bière pour la curiosité d’abord et un goût intéressant ensuite, mais pas nécessairement le genre à débourser environ 20$ pour la quille.

L’Esprit de Clocher Saison Citron’Ale Saison Citron-lime 5.1% 27 IBUs

ecscaNouvelle offrande en temps de COVID-19, n’en suffisait pas plus pour sortir la raison #jeboislocal.

Cote OO : B

Pas toujours humide en saison belge, on attend déjà les prochains excursions de la micro de Neuville sur le vieux continent.

Si à la vision de citron-lime vous vous figuriez du Sprite, on y est pas là du tout; c’est davantage le citron qui sort, et qui se mélange particulièrement bien au poivre noir de la levure saison.  La bouche est assez lourde en grain, et flirte avec le miel de l’orge tout en gardant le lien avec le citron, et finalement la lime qui amène encore plus d’acidité au mélange.  La finale est à la fois ronde et sèche, voire très sèche en aftertaste alors que le poivre noir remonte et le houblonnage vert ressort.  Légère et pour le printemps plutôt que l’été, l’Esprit de Clocher nous amène à autre part qu’une bière trop fruité, ce qui ne plaira pas nécessairement aux amateurs de « jus » de bière, mais avec un bel impact des levures le beer geek y trouvera son compte.

Les Trois Mousquetaires Hors Série Saison Brett Pêche 7%

ltmsbpLorsqu’on a une bonne bière comme la Saison Brett des Trois Mousquetaires, pourquoi l’affublé de fruits?  D’accord, d’accord, pour aller chercher un plus grand public – féminin particulièrement (et c’est souvent le cas des Berliner Weisse).

La cote OO : B

Comment ne pas scrapper.

Ça donne quoi une tarte bien fruité sur le bord d’une fenêtre dans une mansarde campagnarde belge?  Ça ou bien une fusion Georgia-Bruxelles.  De la pêche donc, assez épaisse (venant probablement d’un sirop) et de la belle brett bien franche.  La bouche est presque cheval, tandis que le fruit vivote, virevolte et finit par se poser sur la langue.   Une fois avalée, c’est la ferme à grosse gorgée mais encore là, la pêche, toujours sirupeuse mais avec plus de noyau (les pêches y sont mises au complet), compense bien jusqu’à l’aftertaste où la langue picote d’excitation – et peut-être du poivre de la levure saison qui arrive enfin à se faire goûter.  Posée à la suite de plusieurs gorgées, elle souffre peut-être finalement de l’ajout de la pêche qui enlève une certaine magie à la recette originale.  Less is More, but more can be good too.

Brasserie Générale Brassin Éphémere Amore Saison en fût d’amarone 4.6%

bgbeaLa cote OO : A-

Amarone.  Amore.  Amoureux maintenant.

Si l’on se fie à la vanille crémeuse et au chêne, cet élixir de BG propose l’attribut barriqué avant celui de saison fermière, à un tel point qu’on semble avoir sous le nez une des sauvages tranquille d’À la Fût.  La bouche est aussi ronde, et le caractère entre peau de raisin et de cerise noire démontre l’amarone, mais pas autant qu’en finale ou spécialement la rétro-olfaction certes très, très digeste.  Un pas de côté très impressionnant de la Brasserie Générale, j’espère alors que les barils qui ont été vidé il y a environ un mois sont déjà remplis à nouveau.

Great Adirondack (Lake Placid NY) Shoveling the Lawn Farmhouse Ale – Saison 4.9%

ga_march20_2La cote OO : A

De la saison à grosses pelletées.

Très saison au nez et assez verte, c’est un champs frais de trèfle au printemps.  La bouche est bien ronde et très maltée, pour une saison la recette semble hyper réussie avant même de l’avoir avalée, ce qu’on fait pour constater un peu de poivre mais bien du poivre vert.  Juteuse à souhaite, très puissante et probablement ma meilleure de Great Adirondack à ce jour (et aussi dans mes meilleures saisons tout court), avec du citron et de la levure tout bien balancés.  Enfin Great Adirondack sortent du « c’est correct » pour offrir une saison assez « textbook » mais extrêmement bien fignolée.

La Ferme du Tarieu Chiendient Saison fermière (en fût) 5.7% 28 IBUs

ft2La cote OO : B+

Dans la canette en silo ou dans le fût de la ferme, les champs semblent proches.

Super nez : quand on parle de bière fermière, c’est difficile de la faire très fraîche mais ici on a réussi, ce qui n’empêche pas l’impression d’avoir la tête dans la poche de grain.  Longue et citronnée, le sucre ne manque pas non plus avant la finale plus ronde, entre miel, trèfle et orge.  Un mystère de bière, un peu vanillée mais surtout super gouteuse.  Le vent qui souffle tranquillement sur le champs fraîchement récolté quoi.

Le Presbytère HHAskap Saison aux camerises de la ferme Hogue-Huot 4.8% 16 IBUs

p_d2009_2La cote OO : B

Même si l’habit ne fait pas le moine, il fait bien.

D’accord, malgré qu’on indique saison c’est comme si le blé s’était lui aussi faufilé dans la recette.  Ce qui n’empêche pas cette saison d’être suave, fruité sans trop l’être et avant même de la boire on a l’impression qu’elle sera moins fraîche qu’une saison Dupont par exemple.  La bouche n’est pas celle d’une bière sûre, on sent une levure particulière (sans nécessairement mettre le doigt sur la saison) qui fait un bon travail, plus léger en bouche qu’au nez.  La finale est très gouteuse elle aussi, comme si le fruit était encore un peu terreux mais certes très frais.  Pas grand challenge mais malgré une teinte rougée peu subtil une bière de fruit qui vogue bien entre ce qu’elle devrait être (une saison) et ce qu’elle a l’air (une berliner weisse aux fruits).