Allagash (Portland ME) Ganache Dark Ale fermented with Brettanomyces and Aged on Raspberries 7.5%

agLa cote OO : B

Parce qu’un dessert délicieux, ça peut aussi être un muffin avec de la crème Duncan Hines achetée au départ.

“Noire comme eul poéle » mais même si à travers la lumière du foyer on ne peut voir le moindre reflet de rouge, le nez est ce que l’on hue d’un gâteau forêt-noire quand on en atteint le cœur.  Pour la bouche, toujours le fruit mais cette fois-ci la cerise au lieu de la framboise.  Les levures arrivent enfin lorsqu’avalée, et elle se veut aussi sèche longue.  Toutefois elle a le défaut  que d’autres Allagash ont; celle de venir d’Allagash, avec les attentes trop grandes qu’on peut lui imposer un peu injustement.  Reste juste à se souvenir que ça peut servir de superbe stout d’après-midi froid et son cet angle, difficile de ne pas être satisfait d’un plus grand conservatisme de la plus vénérée de Portland.

Oshlag Brett Cassis 7% 15 IBUs

obcConcept conservateur pour Oshlag qui fait habituellement dans le pas mal plus débridé.

La cote OO : C+

Parce que à qui sont les bretts?  À qui sont les bretts?

Si à l’olfactive on a du cassis qui domine, le côté velouté de yogourt est le bienvenu tandis qu’il semble enlever un peu du sucre.  Fraîche mais toujours portée sur le fruit pas très sucrée, celui qui s’attend à du funky trouvera plus une bonne pointe d’amertume, avant une finale sèche qui livre ce qui semble être du baril de gin vieilli (mais non, ce n’est pas à la recette).  Oshlag ne pouvait faire dans le simple ou l’attendu, mais pour cette Brett Cassis la partie brett est trop lointaine.

Brasserie Générale Eis Kirschen Brett Brett & Cerises 8.8%

bgekbLa cote OO : A-

Parce que c’est une bière d’anniversaire (ou au très gros minimum, une fête pour les papilles).

Par un dimanche de fin d’hiver où il neige alors qu’on devrait faire bouillir, ça prend un petit réconfortant; quoi de mieux qu’un style chaleureux comme la stout et des cerises?  Elle commence très rapidement à charmer avec du grain tout juste torréfié et de la cerise assez sucrée, et ce bien arrondi par le baril de finition.  On voudra alors évidemment goûter immédiatement, et c’est ainsi qu’on y découvrira un liquide pas très sucré, où la torréfaction est très présence et où la cerise donne un aspect de gâteau forêt noir à l’ensemble.  La finale est dans la même veine et s’il y avait un gâteau au chocolat et à la cerise qui pouvait être passé au moulin et matûrer, cette Eis Kirschen en serait le résultat.  Une belle stout fruitée, pas très brett (mais pas grave aussi) comme il ne s’en fait pas assez, il n’y a pas à dire que Brasserie Générale est facilement l’une des plus talentueuses de la région de Québec avec cette bière.  Et s’il s’agit d’une descendante de leur ancienne Glace Noire, il n’y a pas à dire qu’elle s’est grandement amélioré avec les générations.

L’Espace Public (brassée chez Oshlag) Brett, Pas Brett bière de cachette (collabo Le trèfle Noir) 5%

epbpb

Dans ce cas-ci, « bière de cachette » signifie black session IPA.  Pas fort comme nom de style de bière mais  contrairement au Trou du Diable avec certaines de ces bières, la description nous présente à qui on a à faire.

Pour une bière brettée, le nez reflète passablement plus celui d’une black IPA bien houblonnée (probablement l’influence de la couleur de la canette, mais oui on pourrait croire à des mûres).  La bouche aussi est fruitée mais l’orge bien torréfié vient s’allier au houblon pour apporter une amertume assez soutenue quoique pas très variante.  ON conclut avec l’orge un peu plus nue en gorge, et s’il manque le côté brett qui semble trop subtil, c’est un beau rappel que l’orge reste à la base de toute bonne IPA.

La cote OO : B-

Parce qu’il y a double erreur dans le nom avec les mots « brett » et « brett » mais que Guy Mongrain dirait qu’ils n’ont pas bretté sur l’orge.

Pit Caribou Essai no 1563 5%

pc1563

S’il a fallu 1562 essais avant de parvenir à celle-ci, ainsi soit-il.

Avec le hype entourant la sortie des bières sauvages de Pit Caribou, on ne peut s’attendre à autre qu’une bière hautement sauvage et hautement délicieuse.  Au nez en fait cet essai se veut très funky, un espèce de bière brett à la confiture d’orange plus que digeste.  Tranchante, le passage au palais révèle un liquide beaucoup plus sûr et moins orangé au nez, alors que de leur côté les levures semblent amadouer par le houblon.  On découvre en finale une bière non sans rappeler les meilleures vieilles gueuzes ou bien de l’incroyable (et malheureusement) défunte Spontanée de Schoune. Spécialement – et indéniablement – par sa finale parfaitement ronde, sûre et funky, c’est une grande bière de gros calibre.

La cote : A+

Parce que comme disent les cousins anglais, « practice makes perfect ».

À la Fût P’tite Brett Session New World Brett 4.3%

alfpbB+  P’tite en pourcentage d’alcool mais pas en goût.

Inutile de mentir,ce n’est pas l’image de Vespa qui m’a charmé – en fait ça fait davantage old world que new world – mais les termes « session brett » : les bretts sont pour moi parfois assez lourdes mais en version allégées?  Le nez est bien « bretté » et assez belge en général, et à l’olfactivement seulement on pourrait dire que ce n’est pas si léger que cela.  La bouche est très svelte par son yogourt nature et ses bretts toujours autant puissantes, avant même de l’avoir avalé on se doute qu’elle n’est peut-être pas à servir aux néophytes.  La finale est dans le même ton, presque crémeuse en fait, et conclut bien une p’tite bière de levures toute à fait intéressante et qui sait garder tout juste assez de légèreté pour garder l’appelation « session ».  Ceci dit, avec l’appellation « new world » je me serais attendu à plus de houblons, ce qui n’est pas vraiment le cas, mais c’est une bière davantage brett que session, pour le meilleur dans ce cas-ci.

À La Fût Matawin Vieillie 6 mois 100% brett Brassin Hippique 5%

alfm

100% hippique dans le sens que ça sent la selle?

A-  Quand l’orge devient fruit pour être plus rafraîchissant.

Pomme verte et un peu de cuir au nez, c’est funky mais pour une bière principalement concentrée (et marketée) sur ses levures, c’est plus léger que prévu (ou prévenu?).  La pomme s’emporte ensuite en bouche en donnant au liquide un aspect des plus secs, avec les dents qui s’enfonçent au milieu du fruit craquant.  La finale est plus régulière pour les premiers secondes, puis ensuite c’est le charme total: la pomme se transforme en une liquide qui n’a rien à envier aux meilleures cidres de pommes, me rappellant même le Calijo de Michel Jodoin (ce qui est loin d’être un défaut).  À force de fleurter avec les levures, le goût de bière (et/ou d’orge) peut vraiment devenir dénaturé; toutefois si c’est pour se retrouver avec ce résultat (qu’on pourrait apparenter à leur Trip à 3 bretts en version ultime), c’est un bon échange.

Trou du Diable La Bretteuse bière sauvage 7.5%

tddb

« Bière sauvage »?  C’est tout?  Trou du Diable donne maintenant dans les appelations qui font du sens?

B-  Bretter avec les papilles, dans le sens d’hésiter.

Tranquille comme pas une, c’est tout sauf sauvage au nez car même en frôlant le liquide du bout du nez, c’est de l’orge plutôt conservatrice et l’ombre de levures qui se rapproche de levures faiblement sauvages (le nez évoquerait de l’eau de rose – c’est subtil de l’eau de rose non).  En bouche elle est plutôt sûre mais là encore c’est une bière tout sauf étalée, qui semble hésitante à contacter les papilles.  Il faut donc passer à la finale, un tantinet houblonné et tout aussi en subtilité.  Le sentiment de la bière sauvage américaine y est, mais c’est comme si quelque chose s’était perdu dans son voyage vers le nord.  On reste donc avec une IPA plus domestiquée que sauvage, abordable, avec un peu de profondeurn mais sympa que si on cherche la stabilité.

À la Fût Ptite Brett session brett 3.8%

alfpbA-  Autant une bonne introduction qu’une bonne session.

Pas trop brett pour commencer, c’est l’orge qui domine d’abord malgré qu’en respirant, les levures finissent par s’exprimer de manière retenue.  Bien gazéifiée en bouche, côté gustatif l’orge est toujours bien goûteuse et sucrée, avant une finale brett légère et parfaite pour découvrir le style; un peu puérile, mais j’aime beaucoup malgré tout.  Avec juste assez de funk, une légère acidité, le terme « session brett » sont des termes parfaitement choisis dans un produit qui fait tout autant approchable qu’intense.

À la Fût Trip à 3 Bretts Vieillie 5 mois en fût de chêne 8.8%

alftatB+ Un trip à 3 où une belle orgie?

Col méchamment abondant qui recouvre une bière à tendance de saison, ne serait-ce qu’à peine funky par le piment vert et la cannelle ainsi que sucrée par le fût de chêne. De la très bonne amertume en bouche contrebalancée par le vieux foin de la coupe de l’an passé, on passe à la finale où le pain belge sort mais rapidement bataillé par un front commun de bretts et de houblons, où le houblon s’en sort gagnant. Spécial de voir comment le fût de chêne travaille bien cette bière, en frais d’intensité on se rapproche de la Golden Brett d’Allagash. De saison à Brett à belge en passant pas très loin de l’IPA, sans être dans mon style elle a de quoi plaire aux amateurs de presque tous les styles.