À la Fût Diligence (collab Maltéhops) Quadrupel Anniversaire en barrique de vin d’érable fortifié 9.2%

alfdqaLa cote OO : C+

On attend le Director’s Cut.

Scotch ale, porter vieilli longtemps en fût de cognac ou quadruple belge un peu sauvage sur les bords?  Les 3 à la fois, en rajoutant une touche d’érable subtile, comme on les aime.  C’est donc sylvicole, acéricole et ça a quelque chose du Kentucky aussi.  L’attaque est d’abord basée sur le petit côté plus sauvage des fûts à tendance belge d’À la fût, avec de l’érable brûlé en ligne défensive.  Ça tourne toutefois au gros bonbon solide légèrement anisé, de manière lourde et torréfié.  Sans dire que ça tourne au cauchemar, après un début jovial et une bouche bien variée la finale est trop tumultueuse pour parler d’une bière équilibrée.  On sent toutefois que le baril de vin d’érable y est pour beaucoup et avec 3 autres éditions à venir en 2020 on a déjà hâte à la prochaine.

Schoune La Part du Diable version double blanche assemblage d’une double blanche belge vieillie 6 mois en fut de Riesling et Sauvignon Blanc 6%

spddLa cote OO : B

Faire confiance et boire sans questionner.

Un peu funky ce qui pourrait faire penser à leur P’tite Gueuze avec du vin (blanc, riesling).  Molle en bouche mais la finale est bien goûteuse, avec l’aspect boulanger de la belge qui se veut très rond et qui évite d’amener un peu du caractère extraterrestre ou de déplacé comme certaines bières de Schoune.  Ça se boit tout seul malgré que le vin est un peu trop fort, mais s’il en reste qu’elle n’est pas très belge standard, plutôt wild quasi gueuze agrémentée de sucre candi.

Le Presbytère Ste-Trinité Triple Belge Blonde 8.7%

pstCote OO : A

Vague et ressac; une lente marée où le courant est très fort.

Sous le nez, le froment de la blonde d’abbaye sait immédiatement remplir les attentes avec le côté crasseux et sucré à la fois du seigle, dans ce qui se veut l’un des meilleurs nez du genre, une Grimbergen sur les stéroïdes.  Liquoreuse et visqueuse à la fois, le blé est tellement sucré qu’il en vire au sucre de prune et un peu de pêche, ce qui se veut alors certes pas une expérience légère, il n’y a pas 32 goûts différents en bouche mais le grain et le fruit sont en aller-retour et durent vraiment longuement.  En sachant que les céréales viennent principalement de la Mauricie, à l’instar de la Sir Wallace d’À la Fût, une superbe démonstration de la force du grain et des micros de la région Mauricie/Portneuf.

À la Fût Triporter Assemblage Collaboratif (Sawdust City Brewing Gravenhurst ON) Quadrupel 11.05 & L’Porter Western 7.8%

alftLa Belgique et l’Angleterre dans une collabo québéco-ontarienne?  Why not bout d’viarge!

La cote OO :  A-

Un porter de printemps : frais et sucré.

Malgré qu’on y voit le mot quadrupel directement après le mot assemblage, ce sont les bretts et les épices de la porter qui montent au nez.  Elle arrive ensuite de manière assez sûre et fruité, on est un peu plus en territoire quadruple (pour le sucre) et on semble avoir un autre liquide en bouche que sous le nez.  Puis on avale pour retourner à la stout, surtout après environ une dizaine de seconde où seulement l’orge et les bretts ressortent.  Un superbe assemblage pour les amateurs de stouts sures, où la partie quadrupel est plus difficile à capter mais où l’on a aussi droit à une bière profonde, complexe et simple à la fois.  De l’inattendu de l’univers des cowboys de St-Tite pas du tout, mais un beau, un maudit petit voyage de papilles.

Labrosse You had Me at Merlot Quadruple Belge 10%

lyhmamLa cote OO : C

Bière sucrée + raisin sucré = sucré.  Trop.

Même pour une quadruple, c’est une belge qui en impose visuellement avec sa couleur très foncée et teintée de rouge; c’est peut-être le mot Merlot dans le titre mais c’est comme si on s’attendait à y trouver du gros raisin charnu.  Sans totalement être dénué de raisin, c’est un nez d’orge caramélisé qui se profile, camouflant ce qui semble être réservé pour les papilles.  Celles-ci seront récompensées par la même orge, pas trop sucré pour une belge, pas loin de la stout même.  Or, sur le bout de la langue l’astrigence est détectable et on ne sait toujours pas ce qui résultera.  On profitera donc de la finale, plus fidèle au style tout en présentant un peu plus de levures que dans la plupart des belges et finalement, après plusieurs gorgées, un indéniable moût de vin, qui finit par être trop lourd.  Valant certes la peine d’être bue un peu plus chaude pour en tirer toutes les subtilités du grain et du raisin, bien qu’adéquate même si trop costaude, ce n’est pas celle que je recommanderais en premier chez Labrosse.

Allagash (Portland ME) River Trip Belgian-style session ale 4.8%

artUn style pas souvent rencontré… comment réconcilier le style habituellement lourd de la belge avec la légèreté de la session?

La cote OO : B

Voluptuosité et simplicité.

Régulière au visuel, tout comme au nez citronné et à odeur de blé non subtile.  En bouche, c’est une blanche de blé un peu plus éthérée que la moyenne mais aussi plus houblonnée sans être amère.  La finale est à saveur de coriandre, de plus en plus profonde, autant l’épice que la fine herbe.  Simple certes – et c’est probablement le but – c’est un tour de ponton sur une rivière plutôt tranquille qui se prend sans grandes tergiversations.  Le terme de session est souvent exploité dans le mondes des india pale ales mais ça ne veut pas dire qu’Allagash ne peut pas le prendre pour ses bières belges.

Woodland Farm Brewery (Utica NY) Mount Colden Belgian Strong Dark Ale 12.9%

wfmcDu haut de ses presque 13%, le terme “strong” est un euphémisme.

La cote OO :  B
Une montagne a beau être plus elevée, si elle a moins de vue au sommet elle pourra être moins populaire.

À l’image de sa sœur de brasserie Mount Marcy, on a ici une bière très noire de grain et de sucre candi, cependant plus tranquille dans cette version Colden.  Si on est d’ailleurs habitué à sa sœur, dès le nez on pourrait suspecter une fermentation particulière, qui se retrouve en bouche sous la forme d’une vague de cola légèrement acide.  La finale est d’autant plus sucrée et exit le fruit, plutôt remplacé par du toffee et du sucre d’érable dur.  Pas tant de chaleur que prévu – surtout pas à la hauteur de 12+ degrés – mais on persiste et signe par le sucre et le caramel, qui en font de ce mont Colden une belle ascension, mais où les paysages sont moins varié que le mont Marcy.

Woodland Farm Brewery (Utica NY) Mount Marcy Belgian Strong Dark Ale 11.8%

wfmmÀ Presque trois heures de route, un hommage à la plus haute montagne de l’État de New York et des High Peaks.  À 11.8%, elle promet certainement de faire planer.

La cote OO : B+

Une bière très bien montée, ou plutôt poussée au sommet par sa fermentation.

Contrairement au mont Marcy en saison printanière, le couvert blanc qui la chapeaute est bref, alors on a rapidement droit à de l’orge, un brin de raisin sec et beaucoup, beaucoup de sucre candi.  Rien de subtil et encore moins de léger dans ce nez, et pour l’instant il sera un peu poussé de dire qu’on s’entend à de la finesse pour la suite.  Au moins, beaucoup de fruit (principalement pruneau bleu) s’ajoute et vient estomper le sucre un tant soit peu, tandis que la faible gazéification vient rendre le liquide moins pesant.  On sent par contre, en gardant le liquide très longtemps en bouche, qu’une fermentation un peu plus atypique s’est emparé de la bière.  La finale confirme le tout, mais ramène aussi le sucre candi qui appuie le style de bière brune belge.

Pour les gorgées subséquentes, on remarque encore plus le fruit ainsi que du toffee en finale.  À presque 12% on pourrait s’attendre à plus de chaleur, mais non, le fût et ses tannins de chêne sans vanille matte le tout de bonne manière, et j’ai grandement l’impression que le fût de porto y a amené beaucoup de fruits.  Un sommet en matière de bière?  Pas absolument, mais se comparerait aux grandes bières de sa beaucoup plus connue voisine d’une heure de route (Ommegang), et rappelle qu’en matière de bière, les levures sont aussi important que le grain et l’eau.

Floreffe biere d’Abbaye Tripel 8%

floreffeLa cote OO : A-

La pâtisserie pas sucrée, c’est pas vraiment de la pâtisserie.

Confiture d’orange… je em croirais au Café Mont-Royal à Chicoutimi, avec des toasts sur le side du Spécial Maurice.  Une expérience hyper sucrée donc avec du pain bien brun, qui précède la bouche d’abord fraîche de houblon puis de fruits qui s’étendent doucement sur le pain.  C’est lourd, très lourd, hyper lourd cependant les fruits sont excellents et la finale très boulangère.  De mémoire la meilleure des Floreffe qui sera appréciée par n’importe quel amateur du style, mais pas pour ceux qui n’aime pas l’aspect sucré des belges.

Le Presbytère Père Trappiste Dubbel inspiration trappiste 7.5%

presbytere_juin2019La cote OO : A-

Parce que c’est le Québec de région qui sait sortir aussi bien que la ville.

Couleur brun pale intéressante, même si la dubbel n’est pas le premier style qui vient en tête un matin de journée chose d’été sa robe longue a de quoi attirer l’œil.  Pour l’odeur on a droit à du prévisible sucre candi et du caramel bien peaufiné, qui précède une bouche puissante mais où rien ne choque.  De retour dans le caramel en sortie, elle laissera un souvenir en dehors de la bière trappiste traditionnelle, mais par ses beaux atours elle est facilement aussi bonne que celles de l’autre continent.