Domaine Berthiaume Le Souffle du Dragon 11.9%

D’accord, Domaine Berthiaume est encore à la fin du 20e siècle question design de bouteille, mais il s’agit néanmoins de leur mieux réussi.

Cote OO : B+

Le souffle est chaud mais la flamme est encore plus belle.

Noire au look et opaque au niveau du nez, c’est le genre à demander une étude plus longue et exhaustive afin d’y trouver fumée de bois carbonisé, prunes, raisins secs, raisins rouges, cèdre et orge bien fermier.  La curiosité attisé on plonge en plein nuage de fumée, le sucre bien loin des papilles si ce n’est que la prune qui tente de se faire remarquer dans l’épais brouillard qui semble aussi chaud, comme si le jalapeno figurait à la recette et viendrait piquer le bout de la langue.  Le piment se veut très évident en finale (guajillo ou ancio?) et vivote bien dans une bière que se simplifie (et heureusement se sucre un peu) au fil des gorgées.  Très tempéramental mais démontre que le choix d’une bière noire et peut-être l’un des meilleurs lorsque l’on veut ajouter des piments (du chipotle finalement).  Berthiaume est loin d’être la plus connue, et ne semble pas être non plus la plus talentueuse, mais à force de sortir de tels élixirs, il faudrait finir par les prendre au sérieux.

La Fosse Flammen Sticke Alt 6.5%

Cote OO : B+

Habituellement, la recette de la sticke alt n’est jamais la même. 

Il est bien de briser les habitudes aussi.

Derrière ses effluves d’abord austère, le malt semble immédiatement langoureusement caramélisé.  Pas de surprise alors de gouter un liquide très lourd, qui saura à grain coups d’orge de convaincre la langue que les céréales sont les ingrédients principaux à une bière.  Comment réagir alors face à ce mur de sucre?  Par du houblon, assez fort et certainement européen (ou d’Inspiration européen, ne pensez pas vraiment du côté des agrumes).  Puis on recommence le cycle sucré-amer, en y découvrant des notes d’orge sablé et de houblon feuillu assez résineux.  Puis on recommence et recommence, et le verre est presque vide avant d’avoir parvenu à identifier un tant soit peu ce vieux secret.

Boshkung Brewing Co (Minden Hills ON) North Country Kellerbier 5%

OO Grade: B-

Almost too honest backcountry.

Surprising to see a kellerbier than clear and pale, which can make someone frown at having something olfactory ethereal.  Not totally the case, some leafy German hops make the barley disappear, with only a very fine wet autumn leaves reach the inner nose.  Fortunately, the intensity is cranked up once the taste spuds are hit with the same hops almost becoming dusty, counterbalanced by a milky mouthfeel.  For those who relates NorthCountry with direct, too honest people, the name is wisely chosen.

Ras L’Bock Vieux Dale Old Ale Sauvage 2019 Elevée en barils de chêne 8.1%

rbvdL’old ale, un autre de ces styles qui n’a jamais percé le marché québécois de la micro.  Pas qu’on ait l’impression qu’il le fasse un jour, mais toujours un  must à essayer lorsqu’on en croise.

La cote OO : B+

La quarantaine : encore jeune pour être wild mais qui se dirige vers la sagesse.

Sauvage d’abord, bien que la couleur y est au nez l’orge est surpassée par les levures qui sont certes intéressantes et se mélange bien à la vanille du baril.  La bouche est un peu molle – comme il se doit généralement pour une old ale, et le grain est à la limite du poussiéreux.  On se colle donc un peu plus sur le style comme le grain sur nos dents, et la finale est vineuse à souhait, tirant vers le caramel funky, le cognac et la prune mauve.  Si j’avais un souhait en général, j’opterais pour moins de levures sauvages, mais il s’agit d’un caprice pointilleux car elle est déjà très bonne telle quelle.

Au fil des gorgées, on découvre un aspect vineux qui dépasse de beaucoup le 8.1%, s’apparentant davantage à une bière au nord des 11.9% et qui décolle un peu de la old ale.  Alors moins de respect de style mais plus de diversité qui fitte avec le reste aussi, résultant en une bière qui hormis la gazéification s’apparenterait à un jeune armagnac (celui du Tariquet vient en tête).

 

Cap Gaspé Le Vauréal Altbier 5.2%

cgvLa cote OO : B-

De base, bonnes bases.

Tout ce qu’il y a de plus cuivré, et un peu cassonade pour arrondir le tout.  Au goût c’est du malt bien épicé, à la frontière de la bière de noël, qui prend beuacoup d’expansion en bouche.  On conclue le tout avec du caramel bien posé, juste assez tempéramental pour s’appeler altbier, avec un minimum de houblon pour le style.  Rien d’étoffé, juste du beau gros goût qui fait du sens.

Sno Microbrasserie Nordik Snoespress 4.8%

snoesppressoUn peu mort le Grand Marché de Québec par ces temps de COVID, alors ça fait plaisir d’encore le produit maraîcher et brassicole local.  Surtout lorsque l’on a droit à la première pinte (à amener à la maison) d’une nouvelle bière.

La cote OO : A-

Un flocon habituellement noir en version blanc et fraîchement tombé.

Une blonde au café, une denrée assez rare mais dans le genre, il y a aussi celle au Cascara du Griendel par exemple.  Au nez c’est de la grosse fève de café assez fraîche merci (ça expliquerait la couleur entre autres) tandis que l’orge n’est là que pour fournir l’avant-plan.  On dénote ensuite une présence assez marquée de houblon (pas tant à l’aromatique qu’en amertume) et le grain de café devient encore plus végétal.  Et encore plus végétal en gorge alors que le mélange houblon-café atteint son paroxysme sensoriel, tandis que le plaisir est renouvelé lorsqu’on retourne au nez toujours avec le café qui se veut encore plus évident après l’avoir goûté.  Jusqu’à ce jour Sno m’avait semblé un peu trop conservatrice (versus d’autres québécoises, disons que le marché québécois brassicole est loin d’être austère), mais même au-delà de leur très bonne Philly Lager, la meilleure de Sno à ce jour.

Lexington Brewing and Distilling (Lexington KY) Kentucky Bourbon Barrel Ale 8.2%

 

kbba

Un peu générique d’épicerie mais après plusieurs bons commentaires à son égard, travail oblige.

La cote OO : C

 

Elle est où la frontière entre trop tôt et trop tard?

Il semble qu’à chaque fois que l’on voit une bière finie en baril de bourbon, on doit s’attendre à un liquide foncée, généralement brun ou noir.  Dans cette édition, c’est un ambré pâle qui fait lever le sourcil.  Au nez, ne serait-ce de la date sur l’étiquette – moins de 5 mois en bouteille et retrouvée dans un frigidaire pas dans un lieu semi-sombre – on pourrait se demander si la bière n’était pas périmée, avec des houblons qui semblent fatigués et du cuivre de vienna lager sur fond de planche de bois trop humide et trop longtemps dehors.  En bouche ça s’annonce d’abord bien mais on retourne dans le même baril pas très agréable.  On craint donc la finale qui se présente beaucoup plus ronde et vanillée, alors qu’enfin on peut se dire que ce n’est pas un complet échec.  De là à dire bonne? Pour sa finale, peut-être.

Avant-Garde Artisans Brasseurs Ippon sanshô-gingembre 5%

ipponCote OO : C+

Sanshô peut-être gingembre sûrement. Trop.

Hummmmm… beau gingembre citronné qui probablement va dominer le reste de la bière, et qui ne serait que de mise dans un resto thaï.  Beaucoup plus à plat sur la langue, hormis le gingembre beaucoup trop fort, pas vraiment d’autre chose à gouter, à un tel point qu’on se demande quel est le type de bière sous-jacent.  La finale picote encore mais c’est tout, c’est une bière beaucoup trop porté sur la racine que le grain.

SNO Snoflake marzen 4.8% 15 IBUs

sno1Après leur très bonne Philly Lager, on peut espérer beaucoup pour cette marzen.  Trop d’espoir parfois ce n’est pas bien.

La cote OO : C+

Roux très pale.

Autant au nez qu’à la coté, on peut d’ores et déjà dire qu’il s’agit ici d’une ambrée des plus tranquilles.  La bouche aussi est simple et à peine cuivrée, mais manque de malt et présente une amertume assez forte pour à peine 15 IBUs.  Plus maltée qu’une blonde certes, mais on est très loin du style allemand qui sait ne pas lésiner sur l’orge.  Peut-être à revoir à mon humble opinion.

Tête d’Allumette Zito Barriquée 4.8%

ta_2019_2La cote OO :  B+

Si le climat le permettait, le raisin vinicole pousserait dans le Kamouraska.

Intéressante : plein de houblons tropicaux mais du blé en même temps.  De l’orange sucrée en fait.  Le grain ne fait pas de doute mais on gagerait sur un barriqué de vin blanc – en fait elle pourrait faire penser à la Dulcis Succubus.  Bien ronde sur les joues, elle goute davantage qu’une bière à 4.8%, et amène du raisin blanc.  La finale est encore plus ronde – du blé ou beaucoup de moût.  C’est certes pas désagréable, et on apprécie beaucoup.  Le soleil en début d’hiver au vin… au VENT du fleuve.

Depuis le début, je pensais « saison » mais juste pas assez sûr par l’absence de poivre noir.  J’aurais dû me fier à mon intuitiion.