Maltstrom Scotch Lager Assemblage de lagers fortes ambrées élevées en fût de chêne américain 8.2%

mslLa cote OO : B+

Grosse réunions d’écossais un hétéroclites mais ça finit par faire un beau party; comme le festival écossais de Gould où tripeux whiskies, gens de GNs, descendants écossais et gens du 3e âge se rassemblaient.

Bien que pâle pour une scotch ale, le profil de ce nez très sucré ne fait de doute : c’est d’inspiration scotch ale très certainement… mais à la maltstrom qui affectionne particulièrement les lagers.  C’est donc du scure brun tout juste suffisamment propulsé par les levures caramélisées et un peu sauvage.  La bouche est un peu hors norme par contre : un peu amère et plus clean/moins lourde que votre scotch ale habituelle, on l’avale donc sans trop savoir où l’on va et on y découvre de la fleur et du caramel, agrémenté de la vanille et de chêne en sortie.  Elle choquerait le traditionnaliste, mais une très bonne bière de fantaisie qui plaira sûrement à l’amant de bières brunes en finition de baril de bourbon.  Maltstrom semble vraiment savoir ce qu’ils font en ce n’est vraiment pas la première microbrasserie que je suggérerais pour les néophytes, pour le pire mais surtout le meilleur.

Ras L’Bock Bitumineuse Assemblage 2019 Stout Américain Élevée en barils de rhum et de Bourbon 8.2%

rbbs2019La cote OO : B

Le houblon qui pousse pas loin de la route de terre et non de l’asphalte.

Les stouts sont habituellement plus opaque, et avec un nom comme Bitumineuse on pourrait penser à un liquide plus goudronné, mais c’est une bière à la limite du brun auquel on a droit.  Coiffée d’une mousse fine mais peu épaisse, les effluves montent facilement avec un bon lot de sucre brun (le rhum) et de vanille (le fût neuf de bourbon).  Le qualificatif « américain » (qui soit dit en passant s’oppose au féminin qui le succède) se déclare par un houblon vert pas du tout indigeste.  La finale est plus crasseuse (enfin, avec un tel nom…) et au final ce n’est pas une stout trop sucrée ce qui aurait pu être facile avec une partie de fût de bourbon.  Plus légère que présagé, hormis le nez on va s’en tenir principalement aux 2 premiers mots, soit « stout américain ».

Allagash Belfius (Assemblage saison et lambic) 6.7%

abelfiusLa cote OO : A-

Secouer sans remuer.

Servie à l’aveugle, 2 secondes sur le verre pour dire « c’est du Allagash ça » avec les levures sauvage du bord de la 95, un peu sûrie et assez sèche.  Elle viendra ensuite surprendre par son amertume assez marquée et peu commune à la signature de la maison, le tout accompagné de la pêche de la Lambic de Lindeman’s.  Il y a ensuite un je-ne-sais-quoi de difficile à décrire – la magie du poivre de la saison en version « coolshippée » peut-être, puis du beau fût de chêne très frais, très gouteux.

Dans les Allagash, c’est rarement une question de bon goût, et encore moins de qualité; dans cette Belfius tout y est et quoique moins bonne que leur stellaire Curieux, c’est une offrande que je consacrerais à plusieurs, plusieurs reprises.  Et à ceux pour qui les belges traditionnellement assez sucrée pourraient faire peur, une preuve que la grande petite (ou petite grande?) de Portland peut maîtriser les assemblages aussi.

Le Presbytère Fond de Tonne II Blend de Porter Baltique et Rousse vieillie 8 mois en fût de Scotch Laphroaïg lot #148 (revisite) 8.5%

pfdt2Bien que très bien, le fond de tonne avec porter baltique m’avait laissé un peu de recul versus la version « rousse seule ».  Il faut néanmoins conclure à nouveau pour être sur… pas nécessairement un mal, l’édition avec porter baltique quoique moins bonne est certes très valable.

La cote OO : B

La magie est  brisée mais pas le bon goût.

Moins senteuse que leur Marche Impériale, le moka est au rendez-vous, d’abord chocolaté puis franchement vanillé (malgré que le séjour est en fût de Laphroaig, vraisemblablement en fût de seconde main de bourbon auparavant).  À la gustative, elle apporte le raisin rouge de certaines porter, mais pas assez de malt à la rousse.  Le Laphroaig, avant la finale, est plutôt tranquille, mais sort… en sortie… de manière plus distinguée et plus maîtrisé que les bières en finition de Laphroaig habituel (par exemple, celles de la Brasserie Générale).  Une bonne sortie du Presbytère, mais pas autant que leurs versions plus simples, à savoir leur Rousse des Islays et Marche Impériale.

Tooth and Nail (Ottawa ON) Vier De IV Anniversary Ale 2019 (blend of barrel-aged Porter and stouts with Brettanomyces) 6.8%

tnvdivLa cote OO : B+

Laissez faire le sucre des pasty stouts, voici comme fêter un anniversaire!

Comme bien des stouts, cette offrande de Tooth and Nail paye davantage aux patients ou au meilleurs tacticiens qui ne la servent pas tout fraîche sortie du frigo; elle livre alors beaucoup de moka, un peu d’épice (muscade) du chocolat au lait et un peu de cola – à ce dernier chapitre on pourrait croire que les bretts seront plus présentes pour la suite.  Presque sûre, expansive et somme toute assez légère en texture, elle me ramène à certaines sour stouts (celle de Brothers en Virginie par exemple), mais pas autant que la finale frôlant l’oud bruin si ce n’était du moka et du chocolat (cette fois-ci noir en finale).  Pour un assemblage, pas d’éléments disparates, une stout un peu sûr qui vise (et atteint) un large éventail d’amateurs de bière.

Harricana Série 7205 7205.015 Assemblage 4.7%

h7205015La cote OO : A

Assemblage sauvage.  Et savant.

Funky à souhait, sans dire trop je dirais 1. Jamais à des étrangers au brett et 2. Jamais sans s’y préparer!  C’est donc hyper, hyper funk et bien boisé, et à l’image d’autres bières qui perdent leur céréale, il est à se demander ce qui subsistera de celles-ci.   Un tantinet houblonné, les levures sauvages ne tardent pas à revenir dans une liquide hautement effervescent, qui se conclut dans un retour à l’étable dans un chemin de poivre et de nectarine.  Si Harricana s’est équipé d’un chai, ce n’est pas pour le laisser se reposer et ici l’exploitation est très réussie.  Encore du génie d’Harricana!

À la Fût (collab Bench Brewery) Dégaine Assemblage Fermentations sauvages Maple Trail Oakgrove 6.4%

alfdLa cote OO : B

Qui dégaine fort tire fort.

Même s’il s’agit d’une collab, le nez indétrônablement funky des cowboys de St-Tite est sans contredit ce qui domine malgré un fond de jus d’orange, sans contredit très funky et pas loin de la selle.  La bouche est encore plus sûre et fait picoter, voire choque la langue d’une ferveur sauvage qui même pour À la Fût semble élevé.  Peu surprenant donc que les lèvres rentrent par en-dedans alors qu’on avale ce qui s’approche d’une oud bruin sur les stéroïdes, et qui laissent des notes boisés et à peine sucré en finale.  Quelle a été la contribution de Bench Brewery difficile à dire mais en matière d’assemblage il se fait pire.

Le Presbytère Fond de Tonne 11 Blend de porter baltique et rousse vieillie en fût de scotch Laphroaig 8.5%

p_d2009_1La cote OO : B

Comme la stellaire rousse en fait partie, on est assez haut.

Ça c’est un nez qui me plait tout à fait; les bières finitions Islay sont souvent trop fortes, mais ce n’est pas le cas de ce porter intense qui se veut principalement un trip d’orge (une orge overdose quoi).  Rien de l’hôpital du Laphroaig… pour l’instant.  Liquoreuse en bouche mais toujours légère sur le scotch (peut-être n’en sont-ils pas à la première utilisation de ce fût, elle se termine doucement, dans la tourbe jaune d’où ne sort beaucoup de fumée.  Pas ma meilleure version de leur finition d’Islay mais une belle offrande en retenue.

Le Prospecteur (bue à la Brasserie Générale) Noce de Bois (50% SS Siscoe 4 mois Tequila, 25% O’Sullivan 2018 1 an Bourbon 25% O’Sullivan 1 mois bourbon) 8.3%

bg_dec2019_3La cote OO : B+

Des cactus poussent en Abitibi?

Belle odeur de bière sûre lourde ça!   Rien à véritablement voir avec la O’Sullivan, et le côté Siscoe et plus au niveau du fruit.  Pour la bouche, rouge des Flandres où l’odeur a un rôle plus prépondérant, mais l’acidité aussi.  Finale sûre et portée sur le bois avec ne serait-ce qu’un once de téquila poivrée, c’est très varié mais superbement balancé.  Une bière juste assez piquante et de réflexion.

Le Prospecteur (bue à la Brasserie Générale) Alliage #12 (50% Roggenbier 11 mois en fût 50% Shaft-Galerie 9 mois en fût) 7.6%

bg_dec2019_2La cote OO : B-

Un peu dans le flou.

Mon dieu que c’est mélangé ce nez là!  De la Rouge des Flandres, un fond de nut brown aussi, un peu d’acidité mais de la lourdeur aussi.  On peut donc se demander si une bière aussi hétéroclite peut tenir la route au niveau gustative et en bouche, c’est comme si on avait un mélange entre rouge des flandres et l’orge plus torréfié des stouts.  Encore une fois on reportera le jugement finale… pour la finale, où l’on a droit à une rouge des Flandres peu acide mais bien supporté par sa base d’orge.  L’aftertaste est encore plus crasseux en orge, on doit donc conclure en une bière peut-être trop éclatée pour son propre bien.  L’exercice est bon donc, mais mériterait possiblement une plus longue étude, à grand coup de 6 packs.