Bancroft Brewing High Falls Stout 5.2% 42 IBUs

Cote OO : B

De l’action zen.

“Ouin, s’t’une stout”.  Rien de bien excitant mais sans faut outre un nez trop tranquille, heureusement avec du raisin sec juteux (oui, sec et juteux ça fait bizarre, mais c’est ça).  On passe du moelleux au juteux en bouche, avec une texture qui dépasse le goût pour donner une stout hyper facile mais peu aventureuse.  Malgré l’ennui partel, doit-on conclure à l’échec?  Non.  Ça en prend pour se reposer.  C’est donc une chute à haut débit mais à vitesse réduite, on la regarde tranquillement et on feele zen.

Bancroft Brewing Iron Man Amber APA 5.2% 42 IBUs

Cote OO : B

Un gros cousin de houblons.

Avec un modéré 42 IBUs, on ne sait pas trop quoi penser de cette APA qui a bien belle couleur.  Le nez est réglo quoique pas pleinement agrumé; de l’orange et même un peu de cerise.  La bouche aussi est fruitée et l’amertume se laisse désiré derrière le jus de cerise, même en finale où elle emprunte certain traits de la Red IPA américain, à la hauteur des 42 IBUs annoncés.  Il faudra donc engager plusieurs gorgées avant d,y croire à cette APA des plus douces et bien féminine, qui ferait très bien dans le verre d’un débutant de bières amères.

Bancroft Brewing Rusty Husky Amber Ale 5.6% 25 IBUs

Cote OO : B-

Ambrée à l’américaine.

Avec une couleur qui marche à la perfection avec les Browns de Cleveland, ça va foutrement bien dans le cuivré, de la couleur au nez qui rappelera assez faiclement la vienna lager. C’est simple mais ça marche.  La bouche est moins marquée par le grain que le houblonnage, anglais mais aussi intense que certains hopbills américains (d’ailleurs, elle contient des houblons du sud de la frontière).  On aura ensuite droit au même intense houblon, d’amertume modéré mais de flaveurs bien présentes.  Le terme « ambrée » peut prendre bien des formes et pour Bancorft, on semble avoir choisi le côté « houblonnée à l’européenne »; on pourrait donc lui souhaiter davantage de malt mais pas une mauvaise ambrée pour autant.

Bancroft Brewing CO Saw Mill Lager 4.5% 10 IBUs

S’il y a quelque chose que l’auteur de ces lignes à appris après environ 50 visites de brasseries, c’est qu’on est mieux d’avoir nos attentes basses et au pire d’être surpris (chez Waller à Ottawa et à Sawdust à Gravenhurst.  Difficile donc de s’exciter pour une lager un peu anonyme de Bancroft (sans dire au milieu de nulle part, disons que ce n’est pas la destination la plus couru d’Ontario), mais bon.  Attentes basses.

Cote OO : B

Trop souvent, en région plus isolée, on se permet de garrocher des ingrédients peu onéreux afin de rivaliser microbrassicolement avec la Bud Light du vieux bar du village.  Heureusement, à Bancroft on n’a pas décidé de prendre la route la plus facile.

Malgré sa mousse très serrée, il s’agit immédiatement d’une lager citronnée et très bien (pardonnez-moi le terme) orgifiée, et ce malgré une teinte qui laisse la filtration sans équivoque.  Le citron suivra du nez aux papilles et amène une fraîcheur, le tout dans une tenue en bouche des plus légère.  Enfin, l’agrume passe au miel avant d’être emporté par le grain qui dominera la finale, pour être accompagné par du houblon à tendance allemande en sortie de piste de danse.  D’accord, on ne fait pas l’heure en voiture nécessaire pour y parvenir à partir d’une ville de plus de 5000 habitants,  mais en périple trans-ontarien, cette lager se révèle un bien gentil pit stop.

Menaud Bourbon 9.5%

Cote OO : B-

Mon PM acquiescerait certainement, parfaite avant le petit dodo d’après-midi de noël.

Ce n’est pas au niveau du nom que Menaud a misé sur l’originalité ou sur le nez liquoreux d’orge assez bien tourné merci.  On pardonne par contre car le style reste à cheval entre la brune et la porter, alors le curieux sera déjà piqué.  La céréale est très intense à l’arrivée, la torréfaction est bonne et il s’en dégage un feeling de café sans nécessairement y avoir le goût de celui-ci.  La finale et spécialement l’aftertaste se veulent plus ronds pour une bière qui pourrait rappeler la Kentucky Bourbon Barrel Ale d’Alltech mais en version plus marquée par le feu qui a bien léché les grains.  Juste assez expressive malgré un léger manque de perception du vieillissement (trop peu de chêne ou de vanille), malgré qu’elle cache assez bien la chaleur de l’alcool elle saura vous réconforter.

Vrooden Signature Old English Ale 24 mois en fût de chêne 10%

Parce qu’il est impossible pour un évaluateur de bières de rester impartial et de n’avoir aucun style de bière préféré (sinon, je n’ai que faire de son avis).  Pour cette offrande de Vrooden, il me faut affirmer que juste le concept me plait : les vieux styles anglais ne courent pas les rues au Québec (ni la old ale, ni l’english strong ale) et ce n’est certainement pas de ma faute.  En espérant que Vrooden livre à la hauteur de mes attentes, ce qu’ils sont capables de faire.

Cote OO : A+

Ivresse.  Des sens.

On renifle le verre.  Ah.  Ok.  On le dépose et attend 2 minutes.  Puis on re-hume et on essaie de ne pas s’emballer devant ce nez d’orge liquoreux et vanillé, voluptueux à souhait et diamétralement opposé à la west coast IPA qui ne semble pas contenir de grain.  Bon, on se calme. À peine vineuse et boisée, on mets terme à la tergiversation, pour tomber encore plus profondément dans le sucre boisé du grain.  Les 24 mois sont évident, et on craint d’être déçu par la finale après une telle bouche et un tel nez.  Mais non, c’est le chêne qui engage le combat avec l’orge caramélisé, et avant même l’aftertaste, on se moque du gagnant tellement le combat est magnifique.  Puis on essaie de se contenir : d’accord, pour ceux qui n’aime pas le style, elle pourrait paraître trop lourdre.  Mais de l’autre côté, si vous n’aimez pas cette offrande de Vrooden, abandonnnez l’idée des vieilles anglaises.   De la trempe de la UBU ale vieilli dans le chêne, moins poussée qu’un barleywine, plus profonde qu’une brune, si j’avais une dernière bière à choisir à la public house avant de rentrer à la maison à pieds en titubant, il s’agirait de celle-ci.

Microbrasserie Charlevoix La Vache Folle Imperial Milk Stout (vieillie 5 ans en cellier) 9%

Cote OO :  B+

La paresse peut venir avec les années.  Un beau ptit somme par contre.

Un autre grand classique de la bière noire au Québec, sans dire qu’elle est anonyme dorénavant, elle a été dépassée depuis… ou bien alors c’est juste qu’on ne la voit plus parmi la masse?  On y plonge donc le nez pour se voir servir une grande rasade de stout un peu liquoreuse et assez fruitée pour le genre.  Le raisin rouge et sec, la crème et le café léger s’occupe ensuite des papilles, tandis que l’orge et presqu’uniquement l’orge se charge de la finale, bien torréfié tout en laissant passer un ou deux raisins secs.  Tout ce qu’on peut attendre d’un stout imperial, tandis que pour le côté lactose on sent que celui-ci s’est amenuisé avec les années en cellier.

Microbrasserie Charlevoix Festif! De Baie Saint-Paul India Pale Lager 4.5%

Cote OO : B-

Pas de là à faire le party.

Peu de surprise dans cette IPL bien citronnée outre qu’elle se veut plus sèche que la moyenne des pales.. ales (plus ou moins une surprise donc).  C’est « clean » et simple donc, alors on la goûte sans hésitation, puis c’est la même chose avec un peu de gazon bien frais dans une amertume qu’on pourrait qualifier de tranchante.  Moins aggressive, la finale est plus approchable quoiqu’encore plus herbeuse, et se conclut de manière assez rapide.  Une IPA franche donc, mais outre une pointe de vert et une simplicité effarante, rien qui ne veut le détour.

La Fosse Flammen Sticke Alt 6.5%

Cote OO : B+

Habituellement, la recette de la sticke alt n’est jamais la même. 

Il est bien de briser les habitudes aussi.

Derrière ses effluves d’abord austère, le malt semble immédiatement langoureusement caramélisé.  Pas de surprise alors de gouter un liquide très lourd, qui saura à grain coups d’orge de convaincre la langue que les céréales sont les ingrédients principaux à une bière.  Comment réagir alors face à ce mur de sucre?  Par du houblon, assez fort et certainement européen (ou d’Inspiration européen, ne pensez pas vraiment du côté des agrumes).  Puis on recommence le cycle sucré-amer, en y découvrant des notes d’orge sablé et de houblon feuillu assez résineux.  Puis on recommence et recommence, et le verre est presque vide avant d’avoir parvenu à identifier un tant soit peu ce vieux secret.

La Fosse Nocturnité #3 Stout au caramel salé et cacao 7.5%

Cote OO : B-

Un jour de ligne offensive qui ne se fie pas seulement à son poids.

Pour certains c’est le café et pour d’autre le cacao.  Ici le caramel en plus du cacao pourrait faire peur pourtant le nez est assez neutre outre le fait que la torréfaction semble plus lointaine qu’à l’habitude.  C’est certes une bière lourde d’abord mais en la gardant plusieurs secondes en bouche le côté de grain très bien grillé l’allège, le tout avec le cacao salé sur le bout de la langue.  Le caramel se gardait pour l’arrivée en gorge mais ne pèsera pas trop, il ne s’agit pas du genre de stout qui pèse trop lourd sur le cœur (ou le fait trop monter) pour n’en boire qu’une seule.  L’amateur de bière au café n’y sera peut-être pas rassasié (surtout face à la Nocturnité #1 qui avait un peu plus de punch) mais à tout le moins il ne sera pas écoeuré.