La Fosse Nocturnité #3 Stout au caramel salé et cacao 7.5%

Cote OO : B-

Un jour de ligne offensive qui ne se fie pas seulement à son poids.

Pour certains c’est le café et pour d’autre le cacao.  Ici le caramel en plus du cacao pourrait faire peur pourtant le nez est assez neutre outre le fait que la torréfaction semble plus lointaine qu’à l’habitude.  C’est certes une bière lourde d’abord mais en la gardant plusieurs secondes en bouche le côté de grain très bien grillé l’allège, le tout avec le cacao salé sur le bout de la langue.  Le caramel se gardait pour l’arrivée en gorge mais ne pèsera pas trop, il ne s’agit pas du genre de stout qui pèse trop lourd sur le cœur (ou le fait trop monter) pour n’en boire qu’une seule.  L’amateur de bière au café n’y sera peut-être pas rassasié (surtout face à la Nocturnité #1 qui avait un peu plus de punch) mais à tout le moins il ne sera pas écoeuré.  

La Fosse Pangea Blonde

Non pas la chanson d’August Burns Red mais le continent, un nom très judicieux pour une bière « un peu allemande, un peu tchèque, un peu anglaise » et brasser à Dôôôna.

Cote OO : B

Pour une rare fois, le genre « blonde » nous amène quelque chose de varié et de gouteux.  Et de bon.  J’ai presqu’envie de changer l’appelation pour bière fusion.

Blonde et légèrement trouble, elle fait visuellement penser à certaines bières au maïs, tandis que le reste du côté agraire peuple le nez de plantes vertes (agricoles il va sans dire). On trouve ensuite le côté bière de soif dans les levures plus « goûtables que sentables » dans un élan plein malt mais plus variée que les Super Dry nippones.  Ce sont les mêmes céréales qui collent aux joues, tandis que les houblons font assez tchèques ou alors très européennes continentales (Saaz ou Hallertau), légèrement citronnée.  Une bière assez sèche mais qui viendrait très bien mouiller le gosier à la fin d’une grosse journée dans un champs plat du comté de Portneuf. 

Vrooden Saison Brett Allemande vieillie en fût 5%

Pas habitué de voir des barriquées à 5% ou moins.  Mais de l’éclatée Vrooden il faut bien essayer.

Cote OO : B

Merci à Vrooden de jamais ne se reposer sur ses lauriers.

On oublie ça la saison et vive les bretts!  De la vanille brettée à profusion et lointaines sont les levures saison, mais on s’en fout un peu.  Les bretts sont intenses sur le côté de la langue mais c’est une saison franche finalement car le poivre sort enfin.  La finale est sauvage et un peu amère, prouvant vraiment que Vrooden sait nous amener ailleurs.  Fleurie et sauvage sont des mots qui peuvent bien aller ensemble, même avec un fond allemand surtout en ce qui semble toucher les houblons.

Emporium Monkey Lime Milkshake IPA à la key lime 7.2%

Cote OO : B-

Assez ou trop.

Pas habitué de voir des milkshakes aussi foncées et aussi lourdes de grain l’olfactive, tellement que le fruit semble se lever de croûte de biscuit Graham plutôt que de la meringue.  L’amertume est bien sentie en bouche et l’agrume monte tranquillement en autant qu’on la garde en bouche.  Pour la finale, c’est la tarte sans le sucre avec de la lime dans toute l’allégresse de son acidité.  Oui le côté rond  y est mais l’acidité tellement forte que ça en devient une IPA très amère et acide.  Reste à vous pour savoir si c’est assez ou trop.

Vrooden Gose Vieillie en fût 5%

Cote OO : B+

Renaître des cendres, dans du beau bois brûlé.

La gose est une bière qui se sent salée et celle vieillie en fût de chêne de Vrooden est assez typique malgré un vieillissement qui l’est pas mal moins. Le baril est bien vanillé et fait le bon contrepoids sucré au sel, et pourtant en bouche c’est la coriandre ensoleillée (ou bien les houblons à caractères d’agrume) qui triomphent, donnant presque l’impression d’avoir été assaisonnée.  Clôturée par le jeu des minéraux et des tannins, on aurait pu la vieillir davantage ou alors pas du tout (même si l’on préférerait la première option), reste qu’on a droit à tout une gose avec cette offrande de Vrooden.

2 Crows (Halifax NS) Jamboree Bière sûre goyave et fraises 4.8%

Cote OO : B-

Pour ceux qui préférent leurs jus secs.

Une bière à 2 fruits : idéalement, on aimerait y trouver les fruits bien répartis, disons un tiers fruit 1, un tiers fruit 2 et un tiers mélange grain et levures.  Dans ce Jamboree, exit les céréales ou les levures, le mélange de fruits est bon mais c’est tout ce qu’on y trouve au nez.  En bouche la fraise semble prendre de l’avance, mais c’est la désopilante gazéification qui trône et qui pique beaucoup.  La langue est ensuite mieux préparée pour les prochaines gorgées, mais toute aussi sèche, alors que les fruits sont plus posés et demanderaient peut-être la rondeur des lactos qui manquent un peu.  

Albion Néo-Spiciale Double Néo IPA barriquée 8%

Cote OO : B+

Elle prendrait facilement le « short bus ».  Bin bin bin spéciale donc.

Néo-jus de fruits tropicaux oui! Mangue, orange, melon de miel, un peu de kiwi et d’ananas aussi.  Aucune retenue olfactive, quant au baril, il a peut-être vanillé un peu le tout mais n’a en rien calmer les fruits.  L’amertume attaque assez rapidement en bouche et fait pétiller le bout de langue à laquelle le nez avait promis davantage de sucre, tandis que le baril roule à nouveau dans la finale très mouvementée, avec des punchs des fruits assez puissants, et un aftertaste un peu poivrée.  Quand on parle de bière multidimensionnelle, l’Albion nous surprend avec une bière fruitée chaude (tout de même à 8%) et qui mérite amplement le sobriquet Spiciale.

Emporium Battaglia Sûre aux abricots et à la mangue 6.4%

Cote OO : B-

Simplement ça.

Bien pâle à l’olfactive, mais principalement pour le côté bière et mangue; j’ai l’impression d’avoir un bon vieux Ju-Tel à l’abricot sous les narines.  Le liquide est particulièrement pétillant et frais, exit l’aspect laiteux qu’on aurait pû détecter au nez alors que la finale est en gras mangue.  Défaut à noter principal : le manque de longueur.  Pour une édition un peu plus spécial de l’Emporium, on pouvait s’attendre à mieux.  Ça reste heureusement une bière de fruits agréable, mais simplement ça.

Shawbridge IPA 117 5.8%

Cote OO : B-

Droite au but, de manière calme.            

À l’aveugle (ou plutôt sans le savoir), si l’on ne juge qu’à l’olfactive on pourrait avoir à faire avec une NEIPA très crémeuse (et très portée sur l’orange).  Sans être convaincu donc, il faudra y gouter pour y trouver une IPA ronde mais certes plus amère qu’une NEIPA sans l’être de manière irréfléchie.  Retour au calme relatif d’une IPA en finale qui ajoute un brin d’herbes vertes à l’extérieur.  La route entre Montréal est longue, assez droite, mais aussi ensoleillée et clôturée par la végétation.

Shawbridge Rivière du Nord Pale Ale 5%

Cote OO : B

Ça coule très bien chez eux.

Avec certaines pale ales, on peut être surpris de voir à quel point elles peuvent être pas si pale, mais après leur Light Golden Ale difficile d’être surpris par le beau orange marmelade au visuel de cet elixir de Shawbridge.  Le nez est très dans les normes : imaginez une IPA, retirez le houblon (souvent trop agrume) et vous vous retrouverez avec de la belle orge juste assez soutenue par le grain.  À la gustativement par ailleurs on se fait rappeler que la pale ale est tout de même amère, ce dans une aisance cuivrée chez Shawbridge.  Est-ce qu’elle vous jettera à terre?  Pas du tout, mais quelque chose de simple, droit au but et sans prétention, qui finit par nous gagner au fil des gorgées.  On suggère de la prendre avec les charcuteries et je concède, avec leur jerky de porc elle est géniale.