La Fosse Poplawski Milkshake IPA fraise et goyave 7%

Cote OO : B

Sur une base solide et mobile.

Assez tropicale merci, surtout à cause de la goyave mais aussi des houblons qui semblent errer à quelque part en Amérique..  La bouche est d’abords assez neutre, donnant un peu plus l’impression d’une bière de texture (la milkshake quoi) mais l’impressionnante gazéification vient changer cette donne.  La finale se montre ensuite la fraise qui sert de colonne vertébrale assez habile pour une milkshake qui sait conserver une bonne couche de houblon, dans juste assez d’étrange pour savoir qu’il y a plus que la fraise, sans nécessairement mettre le doigt sur la goyave.  Elle plairait donc davantage aux hopheads qu’aux amateurs de smoothie sours.

À la Fût Série Wanted du chai sûre fruitée sûreau et fraises 7.2%

Cote OO : A-

Enwèye à maison.

Entre orange et rouge avec une odeur pleinement fraise, vanille et sucre, on semble se diriger de manière invitante dans le bien crémeux.  Plus aqueuse en bouche mais à la fois pesante de vanille, heureusement compensée par une bonne gazéification qui précède une fanle de fraise mais surtout du funk du chain, sans aucun doute celui d’À La Fut.  On termine donc de manière peu attendu mais très attentive sur le côté sauvage qui semblait être un peu sur le côté depuis un bout à la Fut.    Ce penchant fraise de la Rouge de Mékinac vous ramenera très rapidement au bercail.

La Shed La Mémère Session IPA DDH 3.5%

Cote OO : B+

Un homélie populaire pour réveiller l’église.

Beau concept, de plus de la part de la Shed qui à ce jour est davantage conservatrice qu’avant-garde.  Le nez est à la frontiere du rictus d’agrume alors disons simplement que le nez d’orange, d’ananas et d’abricot est exubérant sans tomber dans l’insolence.  On retrouve ensuite une session légère en bouche , légèrement gazonnée, mais qui ne s’étend pas aussi bien que le nez.  Il faut donc l’avaler pour avoir droit au même élan vert et une amertume tranchante spécialement pour une dry hop.  Cette mémère remplit donc les attentes et amène une belle palette de houblons variée tout en restant légère où il le faut.  Une belle offrande de la shed qui devrait sortir plus souvent de la norme. 

Le Corsaire Oreille de Crisse Ambrée à l’érable (revisite avril 2021) 6.5%

Cote OO : B+

Parce qu’il y a des cabanes à sucre à Lévis aussi.

Belle robe entre le rouge et l’orange, la partie ambrée est certes bien atteinte tandis que le nez sait bien unir feuilles brûlées et sirop.  C’est assez lourd mais printanier de toute façon.  En bouche on soupçonne soit du thé Lapsang Souchong au bois de cèdre ou alors du bois de pommier à la Schlenkerla.  Côté finale, c’est le grain de la Schlenkerla mais sans la lourdeur de celle-ci, des oreilles de crisse et non du bacon en fait.  Au final elle me fait penser à la Charbonnière de Dieu du Ciel!.mais en version cabane à sucre, ça fait donc bière de gars de bois qui n’ont pas peur des calories, et une belle visite à chaque fois. 

À la Fût Cancan Western Triple blanche vieillie 2 ans en tablette de dépanneur 8%

Cote OO : B+

Pas besoin d’un PhD pour bien réussir.

D’emblée, les attentes sont plus ou moins fortes ne sachant les conditions plus ou moins bonnes du dépanneur et de l’éclairage des 24 derniers mois sur cette bouteille.  Le nez belge est pleinement régulier et très porté par les levures, n’était-ce du blé pour arrondir le tout on dirait davantage triple belge que triple blanche.  A l’instar de l’olfactive les levures s’occupent des papilles et la céréale semble un tantinet plus mince, on avale donc cette bonne dose de funk pour y retrouver du houblon un peu fatigué d’abord mais surtout du pain a levain qui n’a pas la subtilité comme épithète.  Est-ce que sa jeunesse ardue en dep l’a bonifiée? Bien que l’on sente que ça l’a altéré elle est loin d’être à dédaigner. 

Unibroue La Résolution 2019 Bière noire de style belge (vieillie 2 ans en tablette de dépanneur) 10% 21.5 IBUs

Une autre (potentiellement) belle découverte en dépanneur « non spécialisée ».  Heureusement trouvée dans le fond du frigo, ordinaire pour le vieillissement mais à l’abri de la lumière.

Cote OO : B

Un rigodon de noël : ça swingue solide mais ça reste amical.

Pour une fois peu usuel de la part d’Unibroue, le nez tire davantage sur le côté noir que celui belge, sans toutefois oublié le caramel du grain; ça s’annonce certes sucré mais pas de pain et en général de la lourdeur qu’on peut lui associer parfois.  L’attaque est soutenue et assez forte alors que la muscade et la noix de Grenoble attaquent en duo, puis lorsqu’on l’avale… la mélasse comme rarement sentie et les épices dans le eggnog (lait de poule).  Définitivement, une bière auquel on doit se préparer, qui apporte l’intensité des bières de noël mais en version un tantinet plus légère, et avec une finale long, bien remplie et presqu’amère malgré un faible 22 IBUs (oups, pardon, 21.5 IBUs). 

Le Castor Jalisco Bière brune impériale 9.7%

Cote OO : B+

Toute sauf la bière mexicaine populaire (donc pleine de goût!).

De par leurs dernières offrandes inspirés des spiritueux mexicains, on s’attend à quelque chose de fort du Castor et on est pas déçu avec le solide nez qui rappelle un peu la nut brown ale (une couleur aussi!), bien bretté, poivré (poivre noir) et avec un peu d’imagination, affublé d’aiguilles de cactus.  L’amorce gustative est tranquille et la bière brune s’échauffe lentement sur des bases de levures toutes juste funky mais dans l’ensemble bien ronde, spécialement en finale où elles se mélangent au chêne du baril et le piquant vanillé de la tequila vieillie.  La sensation environ une minute après l’avoir avalé est une belle surprise : léger piquant sur les côtés de la langue, rien pour effrayer mais ça clotûre bien l’expérience où tout est joué en finesse, même la chaleur de l’alcool qui semble passablement inférieur à ses presque 10%.

À la Fût (Collab Ras l’Bock) Rouge de l’Anse Assemblage Rouge de Mékinac l’Anse Sauvage 5.4%

Cote OO : A-

À mi-chemin il fait beau.

Pour ceux habitué à la Rouge de Mékinac, l’édition assemblage avec la gang de l’autre côté et plus bas dans le Fleuve semble plus velouté, comme si on avait ajouté de la cassonade.  Pas du tout sucré une fois à la l’intérieur toutefois : le côté joyeusement âcre de la rouge des Flandres, astringent mais tout de même léger.  Le tout se termine sur un élan d’orge un peu hors du commun mais ô combien délicieux, surprise dans cette bière sûre en hommage aux Flandres, qui semble passablement vieillie ou reposée.  Un excellent mélange, peut-être même supérieur ou à tout le monde plus balancé que l’originale, et une édition de l’année de la Rouge qui est supérieure à la moyenne.

Broadway Microbrasserie Nouveau Départ Triple IPA DDH 8.8% 79 IBUs

Cote OO : B

Le premier pas dans la bonne direction.

Pour l’évaluateur de cette bière, le vic secret, c’est un mélange de violettes africaines et de pousse de vanille, ce qui est très perceptible au nez de ce Nouveau Départ de Broadway qui se faisait très, trop discret sur les tablettes au cours des 2 dernières années.  Pour le reste de l’olfactive on a un filet d’orange (qui fait bien avec le côté vanillé) et un brin de vert bien placé.  En bouche, on devenira que le 79 IBUs est pincipalement en aromatique tandis que le liquide est bien rond mais pas si amer, même en finale ou le green de golf et la violette africaine se goûte davantage que ne se sent.  Pour un nouveau départ, on a décidé de se partir « à la mode » et ça semble un bon move, il ne suffit qu’à suivre dans cette bonne vague.

Frampton Brasse Nuit d’Automne Bière brune extra forte vieillie 2 ans en cellier 10%

Cote OO : B+

Dans les bonnes conditions.

Probablement que c’est le séjour en cellier de 24 mois qui a un peu abasourdit sa mousse car bien fuyante, pour rapidement laisser les effluves de malt, de caramel, et d’alcool qui fait bien les 10%.  En fait, un nez parfait quand on veut bien malté.  La bouche est un peu molle et le toffee ainsi que le caramel mettent plusieurs secondes à se présenter, puis à force de la garder environ 30 secondes en bouche, on ajoute un petit côté noix de grenoble pas moche du tout.  Comme la force de cette bière a toujours été dans sa finale, le buveur patient sera content d’apprendre qu’elle est toujours aussi élégante, très ample de chocolat et de moka, et qui donne même l’impression, par son haut taux d’alcool, de sherry assez clair.  Dans quelle condition avait été l’édition précédemment goûtée (https://orgeoverdose.com/2018/10/19/frampton-brasse-nuit-dautomne-vieillie-un-an-en-epicerie-et-18-mois-en-cellier-10/)   on ne sait pas, mais avec un 24 mois « regulier » en cellier, c’est une bière élégante et de contemplation.